La vérité cachée quand un pays fait faillite

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Il y a quelques années, un ami m' avait appelé pour me dire d'allumer ma télévision. Je me souviens de la façon dont il avait dit ça : « Lehman Brothers est fini ». La télé montrait des employés de la banque qui faisaient leurs affaires un dimanche après-midi, quittant leur bureau pour toujours.

C'est à partir de là que les marchés financiers ont plongé dès le lendemain, entraînant avec eux l'économie mondiale pour les années suivantes. Et j’ai l’impression que nous sommes à nouveau dans ce type de moment-là.

À l'époque, la Grèce était à court d'argent. Encore une fois. Le vice-ministre grec des finances avait déclaré que son pays n'avait que suffisamment d'argent liquide pour fonctionner pendant encore quelques semaines.

Les politiciens français, allemands et grecs étaient tous en conférence téléphonique, cherchant fébrilement à trouver un moyen d'éviter le défaut de paiement. Tout le monde avaient compris les conséquences en jeu. Étant donné la possible réaction en chaine à cause des produits dérivés, une éventuelle défaillance grecque permettait d’éclipser complètement l'effondrement de la banque Lehman Brothers.

Malheureusement pour les bureaucrates, la dissidence à l'encontre du plan de sauvetage grec s’est répandue dans toute l'Europe et les dirigeants n’ont pas pu ignorer la vague croissante d'opposition au sauvetage de la Grèce en Finlande, aux Pays-Bas, en Autriche et en Allemagne.

Ce n’est pas étonnant, quand on y pense. Pourquoi un coiffeur allemand qui prend sa retraite à 65 ans devrait-il se casser le cul pour qu'un coiffeur grec puisse prendre sa retraite à 50 ans ? Pour un pays qui ne pèse pas grand chose économiquement par rapport à d'autres.

À cette époque, le grand bienfaiteur de l'Europe a été la Chine, dont le trésor public a racheté une dette souveraine européenne sans valeur pour s'assurer que la Grèce ne manque pas à ses engagements.

Ceci est un témoignage de l'absurdité de notre système financier actuel : les pays riches et très endettés du monde entier doivent se rendre en Chine, une nation de paysans, pour quémander de l’argent.

Prenant la parole lors du forum économique mondial, le premier ministre chinois de l’époque Wen Jiabao a transmit un message sévère : la générosité chinoise a une limite, et elle aura un prix.

Les Chinois utiliseront sans aucun doute tout nouvel investissement dans les obligations européennes comme levier pour influencer les politiciens occidentaux. Ils ont déjà acheté certaines personnalité politiques influente en Europe.

Le gouvernement américain refuse de qualifier la Chine de « manipulateur monétaire ». De même, les responsables politiques européens seront désormais contraints de reconnaître la Chine comme une « économie de marché ».

Un jour ou l'autre, cette comédie échouera. C'est une simple question d'arithmétique. La Chine peux acheter chaque centime de la dette grecque mais cela ne résoudra toujours pas le problème sous-jacent : la Grèce sera toujours endettée ! Et toujours avec une hémorragie de milliards d'euros chaque mois. Le fait de jeter plus d'argent sur le problème ne fait qu'empirer les choses.

Il restait ensuite à l'époque les actifs grecs à vendre. Comme le groupe de chemins de fer helléniques. Il a perdu un milliard d'euros l’année précédent la banqueroute de la Grèce. Ou encore la célèbre poste grecque Hellenic Post. Traditionnellement déficitaire, qui est inefficace et hautement syndiquée. Des preneurs dans la salle ?

Il ne s'agit pas d'actifs de haute qualité... Et la Grèce ne peut pas non plus espérer obtenir le meilleur prix dans ce qui est clairement une vente d'urgence.

Il y a plus de 200 ans, Napoléon fut contraint de vendre un territoire français de 828 000 mètres carrés de terres dans le Nouveau Monde pour couvrir ses dépenses de guerre. Le président américain Thomas Jefferson a heureusement payé l'équivalent moderne d'environ 315 millions de dollars (sur la base du prix de l'or), soit environ 1 dollars le mètre carré dans la monnaie d’aujourd'hui.

Selon les données du recensement américain, environ 90 000 personnes vivaient sur ce territoire à cette époque et se sont littéralement réveillées le lendemain pour découvrir que le propriétaire des terres avait changé. C'est le genre de choses qui se produisent lorsque les gouvernements font faillite.

Avec l'effondrement de Lehman Brothers, beaucoup de gens ont été touchés, mais il s’agissait surtout d’une question financière et économique. Lorsqu'une nation entière s'effondre, l'impact est ressentie beaucoup plus profondément : les systèmes et les institutions les plus élémentaires sur lesquels les gens dépendent disparaissent tout simplement.

La crise de la dette de l'Argentine en est un bel exemple. Soudainement, l'électricité s’est interrompue, la police a cessé de fonctionner, les stations-service ont fermé, les magasins se sont vidées de leur nourriture, les retraites ont cessé d’être versées, et les banques ont fait faillite, emportant avec elles les économies du petit peuple.

Les dirigeants européens (avec l'aide de la Chine) peuvent retarder la fin du match pour une courte période, mais ils ne font que prendre un parapluie pour se protéger d'un ouragan. Il serait insensé de ne pas s'attendre à une défaillance économique en Europe dans les années qui viennent. Et il serait encore plus insensé de ne pas s'attendre à des conséquences importantes au niveau du citoyen. La seule question est : êtes-vous prêt à faire face ?

À propos de l'auteur : cette note a été écrite par Alex Ricwald, spécialiste en sécurité globale appliquée. Pour découvrir son histoire et son activité, cliquez ici.

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